Gustavo Fring

Bien choisir son·sa psy

Franchir le seuil d’un cabinet est en soi un acte courageux, car le travail thérapeutique est souvent long et difficile. Pour cette raison, il est essentiel de trouver la bonne personne pour nous accompagner dans ce parcours.

Voici quelques points de vigilance pour vous aider à bien choisir votre psy. Ils vous aideront à faire un premier tri entre les psy adapté·es ou non à votre besoin.

Sa formation

Il y a une grande variété de “psy” (psychologue, psychiatre, psychanalyste, etc.) et il est difficile de s’y retrouver. Vous pouvez lire cet autre article qui détaille les différences.

Pour faire simple, certains titres sont protégés par la loi et garantissent que votre psy a une formation reconnue. Il y en a quatre :

  • psychologue (master en psychologie et au moins 500 heures de stage pratique),
  • psychiatre (doctorat de médecine et spécialisation en santé mentale),
  • psychothérapeute (au moins l’équivalent d’un master en psychopathologie et un stage pratique),
  • docteur·e en psychologie (doctorat de psychologie).

Les professionnel·les de santé reconnu·es par l’Agence Régionale de Santé ont un numéro ADELI ou RPPS. Si votre psy le mentionne, vous savez que son expertise a été vérifiée ! Vous pouvez chercher votre psy sur l’Annuaire Santé du gouvernement.

Tous les autres titres que vous pourriez rencontrer ne sont pas réglementés. Ils peuvent donc être utilisés par n’importe qui. Cela ne signifie pas que ces personnes sont incompétentes, mais qu’il n’y a pas de garantie sur leurs pratiques. Certaines peuvent être très aidantes, quand d’autres sont dangereuses.

Par exemple, les titres suivants ne sont pas réglementés : psychanalyste, psychopracticien·ne, coach (même les “certifié·e”), psychogénéalogiste, psychosomatologue, psychoénergéticien·e.

Son approche

Les approches utilisées en accompagnement psychologique sont elles aussi très variées. Il serait difficile de toutes les présenter ici. Mais notez que certaines sont fondées scientifiquement, quand d’autres sont plus farfelues. Voici un panorama des approches les plus courantes.

Parmi les approches reconnues par la communauté scientifique, on trouve :

  • les thérapies cognitives comportementales (TCC, ou CBT en anglais pour cognitive behavioral therapy) et leurs dérivés :
    • la thérapie d’acceptation et d’engagement (en anglais : acceptance and commitment therapy ou ACT),
    • la thérapie comportementale et dialectique (en anglais : dialectical behavior therapy ou DBT),
    • thérapie cognitive basée sur la pleine conscience.
  • la thérapie systémique (souvent utilisée en thérapie familiale et de couple).

Les approches suivantes sont assez acceptées, mais leur validité scientifique reste discutée.

  • l’EMDR (pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou en français : intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires),
  • la psychologie positive,
  • la psychologie humaniste,
  • la thérapie centrée sur les émotions,
  • la psychanalyse et l’approche psychodynamique.

Les approches ci-dessous sont pseudo-scientifiques. Elles sont souvent associées à des risques de dérives sectaires et sont donc surveillées par la Miviludes. Elles peuvent aussi présenter des dangers pour la santé.

  • la psychogénéalogie,
  • la psychologie énergétique,
  • les techniques de libération émotionnelle (EFT, pour Emotional Freedom Techniques),
  • la programmation neuro-linguistique (PNL),
  • la Gestalt-thérapie (à ne pas confondre avec la théorie de la Gestalt).
  • le coaching de vie.

Il y a deux autres approches dont je n’ai pas parlées, même si elles sont fréquentes : les thérapies brèves et la psychologie intégrative. Dans les deux cas, elles piochent dans différents courants et il est difficile de juger de leur validité, autrement qu’au cas par cas.

Conclusion

J’espère que ce petit guide vous aidera à choisir votre psy avec plus de sérénité. Si vous avez des doutes, vous pouvez contacter directement le/la psy pour lui demander de plus amples informations sur son approche. Vous pouvez aussi demander conseil à votre médecin.

Pour aller plus loin sur la question du choix d’un·e psy, vous pouvez lire cet autre article sur les red flags et les green flags en thérapie.